Thierry Braillard : Qu’attendre du nouveau Secrétaire d’État aux Sports ?

Thierry Braillard est donc le nouveau Secrétaire d’État aux Sports. La nomination de ce radical de gauche dans le gouvernement Valls a surpris son monde. Pour cause, Braillard avait été rétrogradé il y a peu du secteur sport à celui du tourisme à la Mairie de Lyon. Il travaillera sous la tutelle de la ministre Najat Vallaud-Belkacem (Droits des femmes, Ville, Jeunesse et Sports), qui a succédé à Valérie Fourneyron. Qu’attendre de cet originaire de la région lyonnaise ? Element de réponse.

« Je suis très heureux, c’est un secteur que je connais bien, je baigne dans mon jus. » La première réaction de Thierry Braillard suite à sa nomination au poste de Secrétaire d’État aux Sports donne le ton. Cet avocat de profession, étiquetté radical de gauche, ne débarque pas dans l’inconnu du monde sportif. Né en région lyonnaise (à Bron) en 1964, Braillard a tenu pendant 13 années (2001-2014) le poste d’adjoint aux sports dans l’organisation du maire de Lyon, le socialiste Gérard Collomb. Mais sa nomination à ce poste au sein du gouvernement Valls intervient contre toute attente, alors que la carrière du politique stagnait et qu’il venait d’être rétrogradé au tourisme dans l’organigramme lyonnais. Est-ce une demande personnelle de Najat Vallaud-Belkacem, de retrouver un ancien collègue de bureau, la ministre ayant travaillé à ses côtés sous le deuxième mandat de Collomb. Surtout c’est l’apport du gouvernement consacré au sport qui inquiète. N’apparaissant qu’au quatrième rang de l’intitulé du ministère de Belkacem (Droits des femmes, Ville, Jeunesse et Sports), le sport ne semble plus apparaître dans les priorités de l’État.

Thierry Braillard va devoir rassurer

La redistribution des cartes dans l’échiquier national inquiète vivement les anciens ministres du sport. A commencer par le champion olympique d’escrime Jean-Francois Lamour (Ministre des sports de 2002 à 2007). Le désormais vice-président de l’UMP n’a pas caché son scepticisme quant à ce nouveau ministère : « ll n’y a aucune cohérence dans tout ça ! Je pense qu’il s’agit d’un ministère voiture-balai ». Même son de cloche du côté de Michèle Alliot Marie : « En réalité, ce grand ministère va affaiblir toutes ses missions. Quand on ajoute la ville, on décapite les sports » a déclaré la ministre de la jeunesse et des sports sous l’ère Balladur (1993 à 1995). Des inquiétudes que devront vite faire oublier le duo Belkacem-Braillard.

Thierry Braillard dans la continuité de Valérie Fourneyron ?

Très proche collaborateur du président lyonnais Jean-Michel Aulas, Thierry Braillard se rapproche du style de Valérie Fourneyron tout en présentant quelques différences. Le désormais ex-adjoint aux Sports de Lyon avait été choisi en 2013 par l’ancienne maire de Rouen pour faire partie du projet « Football durable », un groupe de travail chargé d’émettre des préconisations sur un nouveau modèle de développement durable du football français. Ce groupe s’inscrit dans la continuité de la mission d’information parlementaire sur le fair-play financier. En tant que ministre, Fourneyron laissera dans le milieu sportif l’image de celle qui a réussi à imposer aux clubs de football de Ligue 1, malgré leur menace de grève en octobre 2013, la taxe à 75 %. Lors de ce débat , Thierry Braillard avait lui proposé de limiter la taxe aux contrats signés en 2014 et 2015, au nom du refus de la rétroactivité.

Espérons que le duo Belkacem-Braillard ne suive par contre pas  la même voie que Valérie Fourneyron dans la rubrique « lapsus ». La désormais Secrétaire d’État au Commerce avait quand même fait fort dans ce registre. Confondre Ronaldo et Cristiano Ronaldo ou Laura Flessel avec une judokate, ou bien encore féliciter « Thierry Tamgho » pour son titre de champion du monde de triple saut. INTERDIT pour un ministre des sports !!!