Football : Le fair-play financier pour les Nuls

Entrant officiellement en vigueur en mai prochain, la règle du fair-play financier est sujette à énormément de discussions dans les coursives du football. Dans une interview accordée au journal le Parisien, Michel Platini n’a pas caché son inquiétude concernant le respect de ses règles de la part du PSG. Si comme beaucoup de monde, vous n’avez pas encore compris les spécificités de cette loi qui fait trembler le monde du ballon rond,  Score n’co vous propose un léger rappel sur le sujet.

Le fair-play financier c’est quoi ?

Le fair-play financier est un concept adopté en mai 2010 par l’UEFA, sous le joug de son président Michel Platini. Un projet qui pourrait être défini comme le gendarme financier du football européen. Suite à l’endettement croissant des clubs en Europe (8,2 milliards pour l’ensemble des clubs européens), les instances européennes lancent ce système pour éviter à l’avenir le recours au crédit dans le football. L’objectif sera d’assurer la pérennité financière du ballon rond en contraignant les clubs à ne plus vivre au-dessus de leurs moyens. Plus précisément, les contraindre à « ne pas dépenser plus que ce qu’ils gagnent ». Ce projet vise à garantir la stabilité à long  terme du sport le plus suivi au monde, en instaurant une discipline budgétaire. D’également mettre fin au train de vie mirobolant des plus grandes équipes et s’assurer qu’elles honorent leurs dettes en temps et en heure.

Quelles instances pour juger du fair-play financier ?

En juin 2012, l’Instance du football a mise en place l’Instance de contrôle financier des clubs de l’UEFA (ICFC) sous l’égide de l’ex-premier ministre belge Jean-Luc Dehaene. Elle est chargée de surveiller l’ensemble des clubs européens en se basant sur les critères suivants : l’absence de fonds propres négatifs, la possibilité financière pour le club de poursuivre son activité, l’équilibre financier et l’absence de dettes envers d’autres clubs, des joueurs ou le fisc.

Quels clubs sont visés par le fair-play financier ?

Les 237 équipes européennes sont visées par le fair-play financier, et plus particulièrement celles les plus endettées à l’image de Manchester United (800 millions de dettes),du Real Madrid ou du FC Barcelone. Fin février 2014, les inspecteurs financiers avaient demandé à 76 clubs (dont le PSG et Manchester City) des informations supplémentaires afin de clarifier leur dossier. Après un examen approfondi, la chambre d’instruction va décider début mai 2014 pour chacun des cas s’il doit être épargné, considéré comme une infraction mineure, l’objet d’un règlement, ou s’il doit être référé à la chambre de jugement pour une éventuelle sanction.

Quelles sanctions pour ceux qui ne le respectent pas  ?

En théorie, les sanctions pouvaient amener jusqu’à l’exclusion des compétitions de l’UEFA pour non respect des règles. Mais dans son interview accordée au Parisien, Michel Platini a exclu cette hypothèse (« Si vous attendez du sang et des larmes, vous serez déçus. Il y aura des choses dures mais pas d’exclusions des compétitions européennes »), préférant évoquer  «des sanctions significatives». Un terme qui pourrait se traduire par une amende, une limitation de la masse salariale ou la pure interdiction d’aligner les recrues de l’été, des alternatives qui semblent plausibles.

Quel est le problème avec le PSG ?

Le « cas atypique » souligné par Michel Platini sur le Paris Saint-Germain est à l’instar de Manchester City (signature en 2011 avec la compagnie aérienne Etihad) une histoire de contrat. En prévention des règles du fair-play financier, le PSG a signé en 2012 un partenariat record de près de 200 M€ (soit la moitié du budget du club) avec la Qatar Tourism Authority (société de tourisme), appartenant au Cheikh Tamin bin Hamad Al-Thani, actionnaire de QSI (qui détient 100 % des parts du club de la capitale). Grâce à ce contrat, les Parisiens peuvent voir l’avenir tranquille et équilibrer leurs comptes. Seulement, Platini a avoué ne pas être certain que ce type de contrat soit valable. La chambre d’instruction de l’organe de contrôle mise sur pied par l’UEFA peut mettre à mal le contrat QTA en le recalculant «en fonction du prix du marché», ce qui romprait l’équilibre budgétaire du PSG et l’exposerait aux sanctions. Une issue qui sonnerait le glas des espérances de voir de nouvelles stars débarquer à Paris et le retour des Pancrate et autres Edouard Cissé dans l’antre du Parc des Princes.

Déjà un effet fair-play financier ?

Le dernier rapport financier de l’UEFA a dévoilé une incidence positive sur l’assimilation du fair-play financier chez les clubs européens. Et pour cause, les pertes cumulées sont passées de 1,7 milliard d’euros en 2011 à 1,1 milliard en 2012. « Nous sommes donc en passe de réussir notre pari », estime Platini. « Même si certains clubs sont toujours limites ».