Le Bayern Munich veut « Guardioliser » le Real Madrid

L’Allianz Arena de Munich va revêtir ce mardi soir ses habits de gala pour la demi-finale retour entre le Bayern et le Real Madrid. Après la victoire madrilène au match aller (1 à 0), les Allemands vont devoir rectifier le tir pour empêcher Cristiano Ronaldo et consorts de filer à Lisbonne, lieu de la finale de la Ligue des Champions le 24 mai prochain. Mais l’atout majeur de Munich ne serait-il pas tout simplement leur entraîneur : Pep Guardiola ? L’ancien coach du Barça présente en effet un bilan flatteur face aux Merengue. Score n’co vous apporte plus de détails.

En marquant la seule réalisation du match aller au Stade Santiago Bernabeu, Karim Benzema a mis à mal la domination psychologique que possède Guardiola sur le Real Madrid. Effectivement, cette défaite était seulement la troisième de l’ancien milieu de terrain de Barcelone à la tête d’une équipe face aux Madrilènes (la première à Santiago Bernabeu) en seize confrontations. Les deux autres échecs datant du 21 avril 2012 (1-2 en Liga au Camp Nou) et du 20 avril 2011 en finale de Coupe du roi (0-1 au stade Mestalla de Valence). Des statistiques qui peuvent inciter à dire que Pep a la recette pour faire oublier au Real ses rêves de « decima » (10e victoire en Champions League qui échappe à Madrid depuis 2002). Un jeu léché, une possession de balle totale, des combinaisons à foison, la tactique du catalan n’a jamais été appréciée par la « Maison Blanche ». Sa minutie tactique, ses plans pour changer de registre ses joueurs (Lahm, défenseur de formation joue milieu de terrain cette saison), Guardiola cultive la réputation d’un entraîneur à l’imagination débordante, trouvant peu d’équivalent dans le monde.

Pep Guardiola : une manita, des claques cinglantes pour le Real Madrid

Il suffit de souffler son nom pour donner des maux de tête à tous les socios du Real Madrid. Le catalan a souvent infligé de cruelles désillusions aux Madrilènes. Le monde du football a encore en mémoire la « manita » (5 à 0) lors du classico de novembre 2010 au Camp Nou, une leçon de ballon rond délivrée ce soir-là par les hommes de Guardiola. Ou encore le 6 à 2 obtenu également en Liga, à Bernabeu, le 2 mai 2009. Si la route de Pep et celle des Merengue se sont également croisées en Supercoupe d’Espagne (pour deux succès du Barça à chaque fois), c’est en Ligue des champions que le technicien a réussi l’un de ses plus jolis coups : il y a trois ans, il avait éliminé l’équipe de Cristiano Ronaldo en demi-finale. Vainqueurs 2-0 à l’aller, ses Blaugrana étaient parvenus à conserver leur avance au retour en décrochant le nul (1-1) à Madrid. Et pourtant Guardiola reste prudent comme avant la double confrontation de 2014 où il déclare : «À chaque fois que j’ai joué contre le Real Madrid, comme joueur et comme entraîneur, je ne me suis jamais cru favori.» Prudence ou simple réalité ?

Le Bayern doit redevenir Guardiolesque

Mais les joueurs ne sont plus les mêmes dans l’effectif de Pep. Ribery peut-il prendre le rôle de Messi ? Schweinsteiger est-il au niveau d’un Xavi ? Le problème bavarois réside cette année dans la faiblesse des adversaires qu’il leur a été proposé. Ce n’est pas le Manchester United de cette saison, qui ressemble plus à un petit poucet qu’un ogre, qui offrait une confrontation à la hauteur en quarts de finales de la Ligue des Champions. Et pourtant, les Mancuniens ont fait énormément souffrir le Bayern. Le Real Madrid s’est imposé comme le premier vrai test sérieux. Symptômes de nonchalance, branché sur courant alternatif, les Allemands sont parus suffisants sur la pelouse de Santiago Bernabeu malgré une possession de balle totale (72 %) en tentant peu de frappes. Ce qui n’est pas dans les préceptes de la philosophie de jeu imposée par Guardiola. Nul doute que l’Espagnol (parfait quand il parle allemand), a su trouver les mots pour remotiver son équipe et la pousser à déstabiliser toute la partie l’arrière garde madrilène. Si le plan fonctionne bien, il risque d’y avoir des buts du côté de l’Allianz Arena. A moins que Carlo Ancelotti ne justifie sa réputation de bourreau du Bayern, l’Italien étant invaincu en tant qu’entraîneur en sept confrontations (5 victoires, deux nuls). En tout cas, la bataille tactique et la pépinière de talents sur le terrain de Munich ce soir a un goût savoureux pour tout fan de football. On attend cette finale avant l’heure avec impatience.