Ces numéros 10 devenus entraîneurs

Le football dépend des numéros 10. Cette citation, signée Juan Roman Riquelme, peut être considérée comme une réalité sur un terrain de football. Mais reconverti dans le rôle de tacticien, est-ce la même vérité ? Alors que Zinedine Zidane est en pole position pour débuter sa carrière d’entraîneur aux Girondins de Bordeaux la saison prochaine, retour sur ces meneurs de jeu qui ont entamé une carrière de manager après leur retraite. Pour des résultats le plus souvent décevants.

Diego Maradona (1994 : Deportivo Mandayu, 1995 : Racing Club, 2008-2010 : Argentine, 2011-2012 : Al Wasl)

Diego Maradona s’assoit sur un banc de touche en tant qu’entraîneur pour la première fois en 1995. Suspendu pour dopage après son contrôle positif lors du Mondial 1994 américain, ce nouveau rôle est tout d’abord plus un passe-temps pour l’ancienne vedette de Naples. Deux clubs argentins de secondes zones (Avellaneda et Mandiyu) vont oser lui confier leur équipe. Mauvaise pioche. El Pibe de Oro enchaîne les défaites, les expulsions et ne tient pas plus de quatre mois à chaque fois. En octobre 2008, il remplace Alfio Basile à la tête de l’Albiceleste, à la grande joie du peuple argentin. Ses premières déclarations intriguent : « L’Argentine, c’est Messi, Mascherano et neuf autres joueurs », s’exclame-t-il dès ses débuts. Un discours qui ne passe pas auprès de sa sélection, même pour son successeur désigné : Lionel Messi. Après de multiples brouilles et un grandiose échec à la Coupe du Monde 2010 (balayé par l’Allemagne 4 à 0 en quart de finale), Maradona est écarté de son poste en juillet 2010. Dix mois après son éviction, il cède aux pétrodollars des Emirats arabes Unis en allant entraîner l’équipe d’Al Wasl Dubai. Pour être viré une année plus tard. Le club émirati finissant seulement 8e sur 12 du Championnat.

Michel Platini (1988-1992 : Equipe de France)

Le triple Ballon d’Or a raccroché les crampons depuis à peine un an quand il se voit proposer le poste de sélectionneur de l’équipe de France, le 1er novembre 1988. Henri Michel est contesté, les Bleus viennent de concéder un piteux match nul à Chypre en éliminatoires du Mondial 1990. Platini prend donc la relève. Joueur extraordinaire, le sélectionneur est ennuyeux… et joue sans meneur de jeu. Résultat :  pas de Mondial 90, 0 victoire à l’Euro 92. Avec pourtant un duo Jean-Pierre Papin/Eric Cantona à la pointe de son attaque, l’ancienne star de la Juventus avait matière à faire. L’échec n’en est que plus grand. Le président de l’UEFA le reconnaîtra lui même dans une interview donnée au Journal Le Parisien : « Pour avoir été propulsé juste après ma carrière de joueur à la tête de l’équipe de France, je peux vous dire que ce n’est pas une si bonne idée. »

Dragan Stojković (2008-2013 : Nagoya Grampus Eight)

Considéré à juste titre comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération, Dragan Stojkovic a entamé plusieurs carrières après celles de footballeur. Après avoir été le président de l’Etoile Rouge de Belgrade de 2005 à 2008, le Serbe rejoint le Japon et l’équipe de Nagoya pour en devenir l’entraîneur. Un choix qui n’est pas dénué de sens, puisque l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille y avait terminé sa carrière (ses sept dernières années). Au pays du Soleil Levant, Stojkovic est une idole. Il remporte des résultats probants là bas, avec le Championnat décroché en 2010 et le titre d’entraîneur de l’année avant de quitter ses fonctions en 2013. Dragan est désormais libre de tout contrat.

Enzo Scifo (2001-2002 : Charleroi, 2004-2006 : AFC Tubize, 2007-2009 : Excelsior Mouscron, 2012-2013 : RAEC Mons)

Après sept équipes et 18 saisons, Enzo Scifo arrête sa carrière en 2001 après une blessure au genou. Le génial meneur de jeu belge ne se retire pas du monde du football longtemps, prenant rapidement les rênes de Charleroi, club dans lequel il a terminé sa carrière. Une première expérience qui tourne court puisque le Diable rouge ne reste qu’une saison sur le banc après une quelconque 12ème place. Il faudra près de trois années à Scifo pour rebondir et atterrir en décembre 2004, à Tubize en deuxième division belge. Dans un rôle d’entraîneur et directeur sportif, l’ancien international belge enchaîne les mauvais résultats avant de mettre un terme à ses fonctions en janvier 2006. Il tentera de rebondir à l’Excelsior Mouscron en 2007, mais les succès ne sont pas légion. Avant un énième échec à Mons où il reste à peine plus d’une année.

Clarence Seedorf (Milan AC depuis janvier 2014)

Métronome de l’entrejeu milanais lors des années 2000, Clarence Seedorf a été appelé au chevet du club rosserono cette saison pour remplacer Massimiliano Allegri. Le Néerlandais est alors rentré du Brésil (où il jouait à Botafogo), avec aucune expérience d’entraîneur à son actif, pour tenter de redresser le navire milanais qui coulait doucement en Serie A. S’il a redonné un certain allant à une équipe sans âme, son bilan de dix victoires, deux nuls et six défaites dans le Calcio ne joue pas en sa faveur. Seedorf devrait diriger son dernier match à la tête du Milan AC dimanche face à Sassuolo. Sur la sellette, le batave a reçu le soutien appuyé de l’ancien défenseur rouge et noir Thiago Silva récemment : « Compte-tenu de l’effectif qu’il a à sa disposition, à mon avis il s’en sort très bien. Les améliorations sont visibles matchs après matchs. Je crois qu’avec Seedorf sur le banc, le Milan AC sera de retour en Ligue des Champions l’an prochain ». Un avis qui devrait lui redonner le sourire à défaut de banc.

Bobby Charlton (1973-1975 : Preston North End, 1983 : Wigan)

La légende de Manchester United (1954 à 1973) a tenté une carrière de manager après avoir pris sa retraite. Une première expérience à Preston en tant qu’entraîneur joueur, puis simplement coach avant de démissionner en août 1975. Il acceptera un poste d’administrateur à Wigan au cours de la saison 1982-83 avec des résultats mitigés. Il est désormais directeur technique et sportif du club mancunien.