Le Tour de France et la légende de la lanterne rouge

Au lieu de toujours évoquer les meilleurs de ce Tour de France, Score n’co s’est intéressé aux performances des bons derniers du classement général. Toutes ces lanternes rouges n’ont pas moins de mérite que les premiers du classement général puisqu’elles ont également terminé la Grande Boucle. Actuellement, c’est le chinois Ji Cheng, le poisson pilote de Marcel Kittel, qui occupe cette position à 03h33″41′ du maillot jaune Vincenzo Nibali. La première lanterne rouge de l’histoire du Tour était le français Arsène Millocheau en 1903.

Tour de France : les lanternes rouges qui préfèrent en rire

Le Belge Wim Vansevenant est le recordman en la matière. Il a terminé trois années d’affilée bonnet d’âne du Tour de France entre 2006 et 2008. Mais ne lui parlez pas de honte. Celui qui avait le rôle d’aider le sprinteur australien Robbie Mc Ewen dans les étapes de montagne en retire au contraire une certaine fierté. Il s’est même disputé ce titre honorifique avec l’Autrichien Bernard Eisel pour obtenir cette distinction en 2008. Sa méthode, être le plus lent possible sur les Champs-Elysées, alors qu’un écart de 25 secondes séparait les deux homme au classement. “C’est mieux d’être dernier qu’avant-dernier” préfère-t-il en rire. Le bon dernier est grand perdant mais aussi un coureur courageux et persévérant. Il reste dans les mémoires des gens comme celui qui s’est battu jusqu’au bout pour terminer son parcours. “La différence avec le premier, c’est qu’il roule juste plus vite que moi.

Wim VANSEVENANT

L’acto’rs studio pour certaines lanternes rouges

À l’instar de Vansevenant, décrocher la place du bon dernier était une mission visée par le Français Phillipe Gaumont. Lors du Tour de France 1997, il jouait même le rôle du malade, plié en deux sur son vélo, pour satisfaire les spectateurs venus encourager ce coureur qui paraissait humain au milieu du peloton. L’ancien coureur de Cofidis, hélas décédé en mai 2013, recevait même ses consignes de feindre ses défaillances de la voix de son directeur sportif. Un rôle d’anti héros qui lui permettait de s’offrir une petite médiatisation.

Lanterne rouge, “une honte”

Si la place de bon dernier est plutôt prise avec le sourire, d’autres considèrent qu’elle est indigne d’un coureur cycliste. C’est le cas du directeur sportif de la Française des Jeux, Marc Madiot, pour qui “être dernier du Tour de France, c’est une honte ! Je n’aime pas les lanternes rouges !”. En 1980, le dernier du classement final avait été ainsi déclassé pour marquer le coup. Coqueluches pour les uns, escrocs pour d’autres, la lanterne rouge reste un mythe indissociable du Tour de France. N’en déplaise à tout le monde, Ji Cheng connaîtra une belle notoriété s‘il réussit à garder son bien jusqu’à Paris.