L’athlétisme, ce sport générateur d’émotions (très) fortes

Pourquoi l’athlétisme et pas le sport dans sa globalité ? Vrai me direz-vous, quelle que soit la discipline, un match, une compétition ou un défi contre soi-même l’émotion est palpable pour peu que l’on vive l’instant avec un peu de passion. Sauf que l’athlé, a quelque chose en plus. Un je ne sais quoi dans son règlement souvent (trop) pointu pour le profane et parfois même pour les premiers concernés. Plus le zeste de folie, qui vérifie si souvent l’adage que dans le sport rien n’est jamais terminé.

En 2013, la médaille d’argent donnée puis retirée au relai féminin 4×100 français, aux Mondiaux de Moscou avait inspiré à Bernard Lapasset, patron de l’International Rugby Board, la réflexion suivante : “L’athlétisme, c’est quand même extraordinaire. On est constamment entre l’émotion forte, le plaisir et la déception.” Qu’ajouter de plus ? Si ce n’est d’illustrer la remarque par l’exemple.

Celui, récent, des championnats d’Europe de Zurich clôturé ce dimanche. Sur Europe 1 lundi matin, Nelson Mondort pavoisait : “Près de 18 millions de personnes ont regardé au moins une fois, pendant un quart d’heure, ces Championnats.” Pour France TV c’est un carton d’audience. Réussite que le groupe doit à la délégation tricolore rentrée avec 23 médailles au compteur dont neuf d’or. Et plus encore à toute l’incertitude qui a pesé sur les épreuves de la compétition.

Prenez Mahiedine Mekhissi-Benabbad. En cinq jours il est passé par toutes les émotions. Et le public français avec lui. Quelle que soit l’impression laissée par sa disqualification au 3000m steeple, d’ailleurs très largement commentée en France et en Espagne, on ne peut qu’apprécier à sa juste mesure la force de caractère du bonhomme pour aller cueillir, cinq jours plus tard, une breloque en or sur le 1500m. Les spectateurs veulent du panache, Mekhissi leur en a donné.

Et Floria Guei sur le relai 4×400 féminin. Même Patrick Montel, pourtant si affable avec les Bleus n’y croyait plus dans le dernier virage. Il fallait être, comme Stéphane Diagana, un authentique spécialiste de la piste, pour deviner que la Française avait encore toute ses chances de croquer ses trois adversaires. Ce lundi, les réseaux sociaux se sont massivement délectés de cette dernière ligne droite de folie. Les Français ont vibré, frissonné de plaisir ou grondé de colère pendant presque une semaine. Moi le premier…

Et pour le plaisir l’incroyable finish de Floria Guei en vidéo</strong
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