Pourquoi le tie-break a-t-il été instauré dans le tennis ?

Le tie-break ou jeu décisif (prononcez-le à la française) est un élément fondamental du tennis moderne. Mais ce système servant à départager deux joueurs à la fin d’une manche n’a pas toujours existé. On doit son invention à un richissime personnage américain venu de Newport (USA, Rhode Island). Son nom : Jimmy Van Alen. Ce dernier était propriétaire du casino de la ville et de ses courts de gazon.

En 1954, à l’occasion du traditionnel tournoi de Newport qu’il organisait lui-même (réunissant les meilleurs joueurs de l’époque), Van Alen s’indigne de la durée interminable du match opposant Ham Richardson face à Straight Clark, qui se termina en 5 sets et plus de 4 heures de jeu. Si bien que la finale du double tant attendue par les spectateurs, avec les Australiens Neale Fraser et Lew Hoad, dut être déplacée sur un court secondaire.

Frustré, Jimmy Van Alen décida alors de modifier les règles du tennis. Sa principale innovation fut l’invention de l’ancêtre du tie-break moderne qui se jouait à 30 partout, au meilleur des 8 points. Si les joueurs terminaient à égalité 4 partout, le tie-break devait être rejoué. La règle évolua ensuite et le tie-break se joua alors en 9 points (« mort subite » où le premier joueur atteignant 5 points l’emportait).

En 1970, son tie-break « mort subite » fut adopté par l’US Open mais les joueurs se plaignirent d’un stress excessif : les 2 joueurs pouvaient disposer simultanément d’une balle de match. De nombreux joueurs signèrent même une pétition pour supprimer cette règle.Le tie-break gagna ensuite les autres tournois du Grand chelem au début des années 70.

C’est en 1975 que le format au meilleur des 12 points avec 2 points d’écart fut définitivement adopté.Van Alen (décédé en 1991), qui aurait souhaité tant d’autres innovations afin d’accélérer le jeu, n’a pas eu gain de cause jusqu’au bout, puisqu’à l’exception de l’US Open, tous les tournois du Grand Chelem ont refusé d’adopter le principe du tie-break lors d’un cinquième set où la règle des deux jeux d’écart reste la norme.