Polémique sur fond de sexisme : quand le tennis espagnol se saborde

Quatre espagnols parmi les vingt premiers mondiaux dont deux dans le Top 5 du tennis. Mais une équipe de Coupe Davis, reléguée en septembre, en deuxième division. C’est une anomalie pour la nation ibère après onze ans de présence continue en élite et un Saladier remporté en 2011. Mais une réalité, à l’origine d’une triste polémique, sans précédent pour le tennis national.

Car le 21 septembre dernier soit six jours après la défaite de l’Espagne face au Brésil et trois après la démission de Carlos Moya, la Fédération espagnole de tennis a donné à Gala León García, le capitanat de l’équipe. Ou raccourci autrement, une femme devra diriger un vestiaire d’hommes. Traduit par Toni Nadal dans la foulée de cette annonce cela donne : “Je pense que ce n’est pas une bonne idée, elle ne connaît pas le circuit masculin ! En tout cas, pas Rafael… Je n’imagine pas une femme à la tête de la sélection de foot.”

Face à la polémique naissante, l’oncle et entraîneur de Rafa, se défendra plus tard de toute mauvaise idée : “Mes propos ne sont pas sexistes, j’affirme juste que le tennis masculin ne la connaît pas (…) Il y a eu une mauvaise interprétation du mot “macho”. Les derniers capitaines étaient des joueurs exceptionnels, des leaders sur les courts en Espagne. La nomination de Gala a surpris Rafa et moi.”

Depuis le début, le numéro trois mondial ne s’est pas exprimé sur le sujet. Ce mercredi a eu lieu la première prise de contact entre Gala León García et les joueurs. Sans Rafael Nadal et David Ferrer retenus sur les courts de Bâle et Valence mais en présence de Feliciano Lopez, Fernando Verdasco, Tommy Robredo, Marcel Granollers, Roberto Bautista, Marc Lopez et David Marrero Pablo Carreno.

Les joueurs ont eux-mêmes provoqué cette première réunion pour tenter de dissiper les doutes. A la sortie, aucun n’a souhaité s’exprimer à part quelques mots lâchés par Fernando Verdasco pour ne rien dire – “Elle ne m’a pas parlé, je n’en sais pas plus” – et Juan Carlos Ferrero qui traîne encore la frustration de ne pas avoir été choisi lui qui, à 34 ans, était annoncé pour le poste. “Je pense que c’est une bonne capitaine, a-t-il dit, mais je ne trouve pas normal que la Fédération ne décide pas avec plus de personnes. Je ne me vois pas m’asseoir à côté d’une personne pendant la Coupe Davis et ne même pas la connaître.”

Le pedigrée de Gala León García c’est l’argument numéro un des joueurs. La très populaire radio Cadena Cope assure qu’ils se sont tous donnés rendez-vous, dans un hôtel de Valence, à la veille de la réunion. pour dire qu’unanimement ils ne voulaient pas de leur capitaine mais surtout exprimer leurs craintes d’être taxé de sexisme. Alors ils mettent en avant le palmarès il est vrai modeste de l’ex-n°27 mondial, pour justifier son manque d’expérience pour le poste.

En bon capitaine assumant déjà pleinement ses fonctions, Gala León García ne s’est pas défaussée. A ceux qui la voyaient partir sous la pression elle a répondu à la presse : “Je suis le capitaine et il n’y a aucun problème à l’heure actuelle.” Plus tôt dans son propos elle martelait aussi : “Je ne vais pas m’excuser d’être une femme”. Pour sa première sortie médiatique, Gala León García a montré toute sa détermination. Défendant son seul objectif de faire remonter l’équipe en première division. Mais quelle équipe ?…