Judo: Que deviens-tu Frédérique Jossinet ?

Médaillée d’argent aux JO d’Athènes 2004 (- de 48 kg), triple championne d’Europe, vice-championne du Monde, quadruple championne de France, le palmarès de Frédérique Jossinet force le respect. A l’annonce de sa retraite officielle en janvier 2013, l’ancienne judokate a ressenti le besoin de souffler pour réfléchir à sa nouvelle vie : « Je me suis éloignée quelques mois, j’avais besoin de voir mes amis et de prendre du temps pour savoir ce que je voulais faire. J’ai eu rapidement une proposition de la Fédération Française de Judo afin de devenir entraîneur national d’un pôle jeunes à l’INSEP, pour l’accessibilité aux équipes de France senior ». Diplômée de l’Essec en marketing sportif, Jossinet prend dès lors sous son aile un groupe de 30 filles. Une expérience pour débuter son après-carrière qui l’enchante : « J’avais un groupe très hétéroclite. Je m’occupais de tout au niveau de la préparation physique (entraînements, technique judo) et en ce qui concerne les relations avec les universités (déplacement, hébergement). J’étais dans mon élément. J’ai plus adoré d’un point de vue relations humaines que d’un point de vue purement entraînement ».

Une année s’écoule durant laquelle Frédérique Jossinet s’éclate dans ses nouvelles activités. Mais, la Française veut prendre du recul avec le monde du judo. La proposition de l’ancienne ministre des Sports Valérie Fourneyron, de l’accompagner dans un rôle de conseillère sur le dossier « Femmes et Sport » la séduit. Elle accepte le poste et débute en parallèle de ses fonctions d’entraîneur national ses nouvelles activités en août 2013 : « J’avais diverses thématiques qui me plaisaient dans ce dossier « Femmes et sport ». La loi égalité sur la place des femmes dans les instances dirigeantes se mettait en place. Les sujets traités étaient variés (Obligation de féminiser toutes les fédérations sportives, accompagnement des reconversions de sportives de haut niveau …). » Le remaniement ministériel de mars 2014 de François Hollande avec le départ de Fourneyron mettra fin à cette belle aventure. Mais Jossinet va pouvoir rapidement continuer dans la voie sur laquelle elle s’est engagée lorsqu’elle est sollicitée par Brigitte Henriques, secrétaire générale de la FFF (Fédération Française de Football) pour devenir coordinatrice d’un plan de féminisation du football dans l’Hexagone.

Une cause importante pour la native de Rosny-sous-Bois, toujours très engagée dans la lutte pour la place des femmes dans le sport : « Il y avait la volonté du président (Noël Le Graët) et de Brigitte d’aller chercher des femmes dans une instance dirigeante. Le but de mon travail est de développer la féminisation dans le haut niveau. Par exemple aller chercher des éducatrices pour les mettre dans les clubs de Ligue 1. Nos modèles sont Corinne Diacre (coach de Clermont Foot) et Stéphanie Frappart (arbitre centrale en Ligue 2) ».

Le monde du ballon rond est loin de lui être inconnu. Pour cause, c’est dans ce sport que Frédérique Josssinet a obtenu sa première licence sportive avant le judo. Elle a même chaussé les crampons depuis l’arrêt de sa carrière dans le club de VGA Saint-Maur (désormais en D2 féminine) au poste de milieu droit: « Oui c’est vrai que j’ai joué au football là-bas. Mais n’allez pas croire que je veuille me lancer dans une nouvelle carrière comme ce que certains journalistes ont voulu faire croire. J’habite pas loin du club, j’avais besoin de faire autre chose que du judo mais toujours m’adonner à une activité physique dans la vie de tous les jours. Je passe toujours un bon moment quand je suis amenée à jouer. Et je suis plutôt douée (rires) ».

Avec un agenda bien rempli, la nouvelle vie de Frédérique Jossinet lui occupe pas mal de son temps. Mais la femme est ambitieuse et veut réussir ses objectifs comme sur un tatami : « Je me sens super heureuse que la fédération de football soit venue me chercher. J’ai été bien accueillie. On m’aurait dit il y a 2 ans à ma retraite que je serais à ce poste, j’aurais été surprise. Je ne me mets pas de limites. Il y a plein de dossiers à traiter, avec énormément de directions possibles. C’est enrichissant. »