Lutte gréco-romaine: Que deviens-tu Christophe Guénot ?

Les Guénot. Ce nom vous rappelle bien quelque chose ? Cette famille est née dans le monde de la lutte gréco-romaine et nous a fait rêver aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Christophe avait réussi à décrocher le bronze en Chine (en 74 kg) tandis que son frère Steeve (66 kg) obtenait l’or, une médaille qu’aucun Français, dans cette catégorie, n’avait gagné depuis Henri Deglane en 1924. L’aîné de la fratrie Guénot a pris sa retraite après les Jeux Olympiques de Londres 2012 à 33 ans. Le corps fatigué, l’ancien agent de la RATP n’a pas attendu longtemps avant de troquer les habits de lutteur pour enfiler celui d’entraîneur des juniors au pôle France de Dijon : “Je suis parti en vacances suite aux JO. Le DTN de la lutte, Ghani Yalouz, m’avait parlé d’un poste d’entraîneur du pôle des jeunes à Dijon. Deux semaines après la compétition, j’entraînais là-bas, ce fut très rapide”.

Pour entamer cette reconversion, le lutteur avait préparé sa formation bien en amont de sa retraite. En 2009, il avait repris ses études pour devenir professeur de sport : “Durant ma période universitaire, j’avais passé une licence STAPS, donc j’étais déjà dans l’idée de cette vocation très jeune. J’ai repassé mon concours car je ne l’avais pas réussi par le passé. J’ai finalement obtenu ce diplôme. Le travail à Dijon était une sorte de conclusion de ma formation.” Installé sur Paris avec sa famille, Christophe Guénot va ainsi faire les allers-retours entre l’Ile de France et la Bourgogne, pour se consacrer à son nouvel emploi : “C’était très enrichissant. J’avais une vingtaine de jeunes de 15 à 20 ans sous mon aile. Ils étaient tous très respectueux envers moi, de par ce que j’avais pu réaliser aux Jeux. Avec Steeve, nous étions des modèles”.

Après une année passée à Dijon, Christophe Guénot va gravir les échelons et se voit proposer un poste d’entraîneur national à l’INSEP, toujours chez les juniors au départ : “J’ai d’abord pris en charge le pôle juniors avant de passer aux seniors depuis septembre dernier. Nous sommes actuellement en pleine préparation des Championnats du Monde 2015 qui se dérouleront à Las Vegas.” Et depuis qu’il a repris en main les seniors, Christophe a retrouvé son frère Steeve, qu’il coache désormais : “Ce n’est pas compliqué d’entraîner Steeve. C’est un besogneux. Cela se passe très bien, car je suis un peu considéré comme le gentil tandis que Patrice Mourier l’autre responsable a le rôle du méchant (rires)”.

En 2017, les Championnats du Monde de lutte seront même organisés à Paris. Un avenir radieux pour ce sport qui a connu des heures sombres. Car début 2013, le CIO avait décidé que la lutte ne ferait plus partie des épreuves aux Jeux Olympiques à partir de 2020. Ce qui a pesé dans la tête de Christophe : “Nous avons eu une période de doutes, de stress. Nous avions peur que notre sport se meurt. Heureusement, les États-Unis et le Japon ont été influents dans la décision de maintenir cette discipline, car dans ces pays c’est une vraie culture de la lutte qui existe.”

Ce jeudi soir, Christophe vivra même une nouvelle expérience dans sa vie. Il sera consultant pour la chaîne l’Equipe 21 à l’occasion de la rencontre France-Azerbaïdjan (une des meilleurs nations au monde) qui se déroule au Cirque d’Hiver à Paris. Est-ce le début d’une nouvelle reconversion ?