RC Lens: Comme Mammadov, ils promettaient monts et merveilles à leurs clubs…

Ces investisseurs ont débarqué en grandes pompes dans leurs clubs, avec des garanties financières importantes. Ils incarnaient l’espoir d’offrir aux supporters des résultats rapides pour les mener au sommet. Mais après des débuts encourageants, la suite ne rima qu’avec désillusions et endettement. Pour le plus grand malheur des équipes rachetées.

Quand Hafiz Mammadov et Gervais Martel viennent à la rescousse du Racing Club de Lens en juillet 2013 (menacé d’être rétrogradé en National pour des soucis financiers), les supporters nordistes se méfient de cet homme d’affaires azerbaïdjanais illustre inconnu dans le monde du football. Son seul fait d’armes : il est président du FC Bakou, un des clubs les plus populaires d’Azerbaïdjan. Même si sa fortune n’est pas comparable à un oligarque du football comme Roman Abramovitch (Chelsea), Mammadov s’est fait un nom grâce au transport de pétrole par rails dans son pays. Il débarquera ainsi avec 20 millions d’euros à Lens et deviendra l’actionnaire majoritaire des Sang et Or. Gervais Martel lui récupèrera son poste de président, perdu un an auparavant. Les Lensois parviendront à remonter en Ligue 1 la saison qui suit.

Hafiz Mammadov promettra même monts et merveilles pour le RC Lens : «Nous avons l’ambition d’être les meilleurs. Tout le monde sait que pour cela, nous devons investir. Nous le ferons autant qu’il le faudra. Tout le monde souhaite avoir quelqu’un comme Ibrahimovic. Pourquoi pas nous ? ». Mais très vite la réalité va rattraper les folies financières de l’investisseur. Ce dernier refuse de verser les 10 millions d’euros exigés par la DNCG pour valider la montée de Lens en Ligue 1. Ces derniers jours, Azad Rahimov le ministre des Sports et de la Jeunesse de l’Azerbaïdjan, a affirmé que Mammadov ne « pouvait plus soutenir le RC Lens ». Il serait soupçonné d’être en situation de « banqueroute » (faillite frauduleuse). Ses comptes seraient gelés, au grand dam de Gervais Martel, puisque 2,5 millions d’euros manquent encore aux Lensois, avant le passage devant la DNCG le 15 décembre prochain.

Malaga et l’Anzhi Makhachkala ont eux aussi connu des trajectoires similaires. Le club espagnol pensait atteindre le niveau du Real Madrid ou du FC Barcelone quand Abdallah Ben Nasser Al-Thani, membre de la famille royal Qatari, rachète Malaga au bord du redressement judiciaire et arrive plein d’ambitions à l’été 2010. Les résultats suivent très vite puisque les Andalous se qualifient pour la Ligue des Champions 2012/2013, arrivant même à atteindre les quarts de finale de la compétition grâce en partie à ses recrues de luxe (Cazorla, Toulalan, Van Nistelrooy). Mais en 2013, la roue va tourner.  Salaires impayés, promesses non tenues, le Cheick Al Thani attire le fisc espagnol. Après enquête, il s’avère que Malaga est ruiné par la gestion calamiteuse de l’organigramme mis en place par le qatari. Résultat : Malaga est condamné à de lourdes amendes, interdit de compétitions européennes pour la saison suivante. Une situation impossible à vivre pour les cadres du club qui lèvent le camp. Ce qui a ramené l’équipe à une place d’anonyme dans le ventre mou de la Liga.

La situation des Russes de l’Anzhi est encore pire. Racheté en janvier 2011 par le milliardaire russe Suleyman Kerimov, Makhachkala ambitionnait de changer d’envergure et de s’imposer sur le plan national et européen. Samuel Eto’o, Roberto Carlos, Lassana Diarra faisaient partie de l’effectif. Rapidement, l’Anzhi réussit à obtenir de bons résultats (huitième de finale de Ligue Europa). Mais devant les soucis de santé qu’ils rencontrent et des performances pas à la hauteur de l’investissement consenti, Kerimow décide de diviser par deux le budget du club. La crise devient également sportive et l’Anzhi finit bon dernier du championnat russe en 2013/2014 pour être désormais en deuxième division.