Ces femmes qui sont et ont été influentes dans des clubs de football

La place des femmes dans le sport, et encore plus dans le football, est toujours un sujet sensible. Pourtant depuis le début du XXIe siècle, elles sont de plus en plus nombreuses à se voir confier les rênes d’un club, ou à obtenir des fonctions importantes au sein de la hiérarchie. Avec plus ou moins de réussite. Dernièrement, Peter Lim, le richissime propriétaire singapourien du FC Valence en Liga, a installé Lay Hoon Chan, au poste de présidente du Conseil du club valencien. Un vent de fraîcheur dans le foot qui n’en est pas à sa première.

Actionnaire, présidente, voire membre du conseil d’administration des ligues professionnelles, les femmes prennent le pouvoir dans les plus hautes instances du football depuis le début du XXIe siècle. Une révolution qui n’est pas pour nous déplaire. Car le monde du ballon rond a toujours eu cette image de « machisme », caractérisée par les sorties misogynes de ses acteurs comme Bernard Lacombe en mars 2013 : « Je ne discute pas avec les femmes de football ! Qu’elles s’occupent de leurs casseroles ! » En l’occurrence, cette saillie du directeur sportif de l’OL est à dire vrai, plus une casserole pour lui même.

Mais le footeux misogyne est en voie d’extinction. Au Brésil, cela fait longtemps que l’égalité hommes/femmes dans le football a été orchestrée. Flamengo, une des équipes les plus populaires du pays, a ainsi été dirigé par une femme du nom de Patricia Amorim de décembre 2009 à mars 2012, une première au pays auriverde. Cette ancienne nageuse n’avait pas été réélue suite à des problèmes de salaires impayés entraînant le départ à l’époque de Ronaldinho, mais le fait d’avoir bénéficié d’un mandat dans « le pays du football » était une avancée significative.

Rosella Sensi, présidente de l'AS Roma de 2008 à 2011 - @Iconsport

Rosella Sensi, présidente de l’AS Roma de 2008 à 2011 – @Iconsport

Il arrive également que des femmes prennent le pouvoir dans des clubs par les aléas de la vie. C’est ainsi que Margarita Louis-Dreyfus, veuve de Robert Louis-Dreyfus, est devenue propriétaire de l’OM en 2009. Depuis, elle s’est montrée rude, prête à investir de l’argent pour son club mais en contrepartie exiger des résultats, même si elle laisse le domaine sportif à son président Vincent Labrune. Comme Margarita, Rosella Sensi a du s’employer à prendre la suite de son père, Franco Sensi décédé en août 2008.  « La Dottoressa » comme elle est surnommée, est devenue la deuxième femme, après Flora Viola dans les années 90, a diriger l’AS Roma. Elle occupait jusque-là le fauteuil « d’administratrice déléguée ». Cumulant les fonctions de vice-présidente de la Lega Calcio, l’organe de gestion de la Serie A, Rosella Sensi a su imposer sa patte dans le paysage italien jusqu’à l’été 2011, date de son départ de la tête du club giallorosso. Car malheureusement, les femmes dérangent et leur longévité à la tête d’un club est encore loin d’être suffisante.

Au Cameroun, Céline Eko était la présidente du Canon de Yaoundé, une des formations les plus populaires du pays, depuis 2011. Une belle image dans ce pays africain où le football est une cause nationale. Mais des mauvais résultats conduiront les supporters, membres et sympathisants du Canon, à retirer leur confiance à Eko en avril 2014 et à l’éjecter de son poste.

A l’exception faite de Gisela Oeri, ancienne présidente du FC Bâle (de 2006 à 2011) et Teresa Rivero (présidente du Rayo Vallecano de 1994 à 2011), les femmes peinent encore à s’installer durablement à la tête d’un club. Mais les mentalités évoluent…