Athlétisme: Que deviens-tu Jean Galfione ?

Son saut vers les étoiles lors des Jeux Olympiques d’Atlanta (USA) est à marquer dans les plus belles pages de l’histoire de l’athlétisme français. Ce 2 août 1996, Jean Galfione deviendra en effet champion olympique du saut à la perche, effaçant une barre dressée à 5,92 m, un record olympique à l’époque. Il sera même le premier français à passer le seuil mythique des 6 m, lors des championnats du monde en salle de Maebashi au Japon (1999).

Ce n’est désormais plus sur les pistes d’athlétisme que nous retrouvons la trace de Jean Galfione mais dans les eaux intercontinentales. En effet, le « petit breton » comme il apprécie être surnommé, est devenu un skipper confirmé depuis l’arrêt de sa carrière en 2005. Une passion qui remonte aux prémices de son enfance : « Quand j’étais petit, seuls les bouquins qui parlaient de navires m’intéressaient. Je m’amusais sur les gros chalutiers en Bretagne je me souviens encore. C’est de là que ma passion pour la voile a débuté. »

Du rêve à la réalité, il n y a qu’un pas que Jean Galfione va rapidement franchir. Lors de sa dernière saison au haut niveau (2004/2005), il transforme ses ambitions aux actes, en s’entraînant en dehors de ses sessions à la perche, au pôle Finistère Course au Large : « Il m’a fallu apprendre tous les rudiments techniques. Les gens du métier comme Michel Desjoyeaux, Vincent Riou, Sébastien Josse, Roland Jourdain ou Tanguy de Lamotte ont été très accueillants envers ma personne. Ils se sont rendus compte de mon implication sérieuse dans la voile malgré ma notoriété qui me collait à la peau. C’est un milieu où les gens sont intelligents ».

Dès 2007, l’ancien perchiste participe à la Coupe de l’America au sein de l’équipage K-Challenge. Galfione y officie au poste de préparateur physique et grinder, c’est à dire celui qui est chargé d’embarquer et de régler les voiles d’avant grâce à des treuils actionnés manuellement. Une tâche ardue qui lui demande de puiser dans ses aptitudes physiques, déjà bien développés dans sa précédente activité. K-Challenge terminera 8e de la compétition.

Après avoir enchaîné pas mal de régates avec des résultats plus qu’honorables (5ème du Grand Prix Guyader en mai 2014), l’année 2014 va donner un tournant majeur à sa nouvelle carrière. Galfione s’engage sur la 10e édition de la Route du Rhum, la plus célèbre des courses transatlantiques, à bord de son class 40 (monocoque de 12 mètres) de la team Sereny Consulting. Au départ de Saint-Malo le 2 novembre dernier, Galfione avoue avoir ressenti presque plus d’émotions qu’aux Jeux Olympiques : « C’est assez impressionnant de voir cette foule rassemblée à Saint-Malo au départ. Il n’y a pas de barrières avec le public contrairement aux JO, où on est plus planqués dans le village olympique ». 

Malgré des débuts compliqués dès le départ de la Route du Rhum (il est obligé de rentrer au port après avoir heurté une bouée), Jean Galfione va aller au bout de pari et terminer dans le top 20. Un challenge réussi pour cet homme de défis qui considérait cette course comme son « Everest » : « J’ai beaucoup appris sur le métier, sur moi-même durant cette course. J’ai eu la force de ne rien lâcher. Je suis fier car j’ai rempli mes objectifs ».

Sans couper court avec le monde de l’athlétisme (consultant pour Canal +), Jean Galfione a entamé une reconversion compliquée pour mener à bien ses rêves d’enfant. Si le Français aspire à continuer sa carrière de skipper, il n’en oublie pas moins le monde de l’athlétisme (« sa seconde famille »), avec un oeil particulier sur les performances hors-normes de son successeur, Renaud Lavillenie pour qui il voue le plus grand respect : « C’est un mec simple, qui fait du bien au sport français ». Comme Jean Galfione avant lui.

La médaille d’or de Jean Galfione aux JO d’Atlanta 1996 :

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