L’Africa Eco Race, l’autre Paris-Dakar …

De la course mythique du Paris-Dakar, il ne reste plus que le nom pour garder ses racines africaines. Depuis 2009, le plus célèbre rallye-raid du monde, a pris coutume de se dérouler en Amérique du Sud, par mesure de sécurité. La cause, l’assassinat de quatre français près d’Aleg en Mauritanie, le 24 décembre 2007. Ce qui avait provoqué l’annulation pure et simple de l’édition du Dakar 2008, qui devait traverser ce pays. Amaury Sport Organisation chargé d’organiser l’événement automobile, avait alors annoncé que la course serait délocalisée en Amérique du Sud à partir de cette date. Mais l’Afrique n’est pas pour autant privée d’une course automobile majeure.

En réponse à cette décision forte, des pilotes chevronnés anciens vainqueurs du Dakar (Jean-Louis Schlesser, Hubert Auriol entre autres), vont s’allier pour permettre de garder l’esprit Dakar sur le continent africain. Ils vont ainsi lancer ensemble « l’Africa Eco Race », afin de conserver la vision qu’avait Thierry Sabine de son oeuvre. Thierry Metge (triple vainqueur du Dakar en auto) reprendra le flambeau à l’organisation rapidement.

C’est ainsi que se lance la première édition de « l’Africa Eco Race » en 2009 de Marseille, la même année que le premier Dakar en Amérique du Sud. Même si la participation est relativement faible au départ (10 participants), la course séduit et les pilotes se retrouvent dans des situations qu’ils aiment. Les motards par exemple, venus sans assistance ni bagages, dorment et vivent avec leur combinaison de course pour seul vêtement pendant les dix jours de l’épreuve. Lors de la septième édition partie le 29 décembre dernier de St-Cyprien, ils étaient plus d’une centaine au rendez-vous. Après six victoires de Jean-Louis Schlesser en auto, c’est Jean-Luc Rojat qui s’est imposé cette année en l’absence de Schlesser.

Même si elle subit des critiques par son calendrier (l’Africa Eco Race se déroule en même temps que le Dakar), la course encore peu médiatisée suscite un engouement de plus en plus fort. Qui permet à de nombreux passionnés et amateurs de vivre leur rêve de faire le parcours du Dakar (Maroc, Mauritanie, Sénégal). Une sorte de renaissance de l’épreuve.