Jean-Baptiste Grange sur un sommet du ski français

Ceux qui ont poussé le plaisir dimanche soir devant leur poste de télévision n’ont pas eu à le regretter. Comment mieux, en effet, terminer des Mondiaux de ski alpin que par une médaille d’or, gagnée par un Français ? Il était un peu plus de 23h, hier en France quand le leader de la première manche, Marcel Hirscher a fauté offrant à Jean-Baptiste Grange, le sacre sur l’épreuve du slalom.

C’est la deuxième fois que le skieur du SC Valloire se hisse sur le toit du monde après son titre obtenu en 2011. Jean-Claude Killy excepté, du fait de son exceptionnel palmarès, « Jibé » Grange est devenu l’égal des plus grands skieurs alpins nationaux. Rares sont même ceux qui ont su tout à la fois répondre présents, comme lui, sur les courses d’un jour ou à l’épreuve d’une saison complète. Luc Alphand a remporté cinq « Globes de cristal » mais il n’a jamais gagné de championnat du monde ni de médaille olympique.

Skieur d’un jour ou d’une saison… quand son physique le lui permet

A contrario, Jean-Luc Crétier, Jean-Pierre Vidal ou Antoine Deneriaz pour ne citer qu’eux, ont été sacrés champions olympiques de leurs spécialités respectives mais n’ont jamais décroché de Globe. Il ne manque qu’une breloque olympique au palmarès de Jean-Baptiste Grange. Parce que trahi par son corps en 2010 aux Jeux de Vancouver puis en 2014 à ceux de Sotchi, il n’a jamais pu défendre pleinement ses chances dans la compétition.

Blessé au genou en 2009 et 2012, à l’épaule et au dos en 2011… Grange a eu plus que beaucoup d’autres son lot de contrariétés physiques. Sans quoi il y aurait eu une suite entre son titre en 2011 et sa victoire ce dimanche sur la piste de Beaver Creek aux Etats-Unis. « (Mario) Matt est champion olympique à 34 ans, j’en ai trente, il y a de l’espoir » disait-il ce samedi dans L’Equipe Magazine. Dans trois ans à Pyeongchang, il aura, si tout va bien, de bonnes raisons d’y croire.