Escrime : La belle histoire d’Ivan Trevejo, le quadragénaire d’origine cubaine qui fait briller la France

C’est la belle histoire de ces Jeux Européens de Bakou 2015 côté français. Le quadragénaire tricolore (43 ans) d’origine cubaine, Ivan Trevejo, a obtenu la médaille d’or dans la catégorie épee messieurs pour la France. C’est la sixième médaille d’or de ces Jeux, et elle a une saveur encore plus particulière, au vu du parcours de cet escrimeur né à la Havane.

Durant les premières années de sa carrière, Trevejo défend les couleurs de son pays d’origine : Cuba. En 1996, l’épéiste remporte notamment la médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’Atlanta. Il obtient également une médaille d’or aux Championnats du Monde par équipes en 1997 avec le collectif cubain.

Mais les problèmes qui sévissent dans son pays, le forceront à quitter Cuba après les Mondiaux de 2002 à Lisbonne. Après un court passage à Valladolid en Espagne en tant qu’assistant de maître d’arme, il décide de passer de l’autre côté des Pyrénées.

Trevejo s’installe alors dans le sud de la France, région dans laquelle il continue l’escrime sur le circuit national pour le club de Nîmes. Terminé les scènes internationale, le voici qui participe aux diverses compétitions régionales avec des résultats convaincants.

Le point noir, c’est qu’il tarde à obtenir ses papiers français et ne peut pas représenter son nouveau pays au plus haut niveau. Ayant eu un enfant avec sa femme rencontrée sur place, son rêve se concrétise en 2010, année durant laquelle il devient un citoyen français.

C’est à partir de cet instant qu’Ivan Trevejo intègre l’effectif de l’équipe de France d’escrime. Une médaille de bronze, obtenue avec ses partenaires tricolores en épée hommes aux Mondiaux de Budapest 2013, viendra récompenser sa bravoure.

Après avoir réussi à intégrer le Top 16 des meilleurs épéistes internationaux en 2014, c’est en toute logique qu’il a été retenu pour les Jeux de Bakou par Hugues Obry, l’entraîneur national de l’équipe de France masculine d’épée, et ancien adversaire de Trevejo aux JO de Sydney 2000.

Un bon choix de la part d’Obry, puisque son “vieil” élève, a été titré pour la première fois de sa vie en individuel pour la France dans un rendez-vous international. En finale, sa supériorité face au Russe Sergey Khodos (15-8) n’a pas fait l’ombre d’un doute.

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J’étais très ému, c’est quelque chose d’inimaginable. J’ai d’autres origines, j’ai adopté la France et je pense que la France m’a adopté aussi. Je suis très fier d’être Français”, a-t-il confié à l’issue de cette finale.

19 ans après Atlanta, Trevejo a prouvé que rien ne sert de courir, il faut partir à point.