Exclusif : Edouard Rowlandson – Youssef Krou (Championnats du Monde de Beach-Volley) : « On aborde cette compétition pour aller au bout ! »

Alors que les Championnats du Monde de Beach-Volley ont débuté le vendredi 26 juin aux Pays-Bas et se poursuivent jusqu’au 5 juillet, c’est ce dimanche que la seule paire tricolore de la compétition, Edouard Rowlandson – Youssef Krou, commence son tournoi. Plus communément surnommée la team « Rowlandsonkrou », ces « beachers » français réalisent des résultats épatants sur le circuit, ce qui leur vaut une place dans le Top 10 mondial actuel.

Quelques heures avant leur premier match face au duo canadien Saxton/Schalk (à suivre en live-score à 18 h 45 sur Score n’co), Edouard dit « Eddy » Rowlandson nous a accordé une interview en exclusivité.

Vous êtes actuellement la meilleure paire tricolore du beach-volley, racontez moi votre parcours à tous les 2. 

Edouard Rowlandson : Nous avons tous les 2 un parcours similaire avec un passage par le CNVB (centre national de volley-ball) et les équipes de France jeunes. Simplement nous n’étions pas de la même génération ( je suis né en 1988 et Youssef en 1989). A la sortie du centre, nous avons intégré tous les 2 un club de « Pro A » en France. J’ai joué 5 ans pour l’Arago de Sete et Youssef 5 ans pour l AS Cannes. J’ai eu la chance d’évoluer en Équipe de France A (52 sélections, médaille d’Argent aux Championnats d’Europe 2009). Nous avons tous les 2 de bons souvenirs de nos années en salle.

Le beach-volley était-il votre sport de prédilection ?

E.R. : En 2012, après de belles années en tant que libero et encore une belle perspective d’évolution, j’ai décidé de tout arrêter pour me lancer dans l’aventure « beach ». Il s’agit d’une décision que j’ai prise suite à une expérience sur le Championnat de France de beach 2011. Mais c’est depuis tout petit que j’ai découvert le beach-volley, malheureusement en France nous sommes en manque de structures pour accueillir les jeunes qui veulent se lancer dans ce sport ! On est orienté vers les clubs de salle, et ensuite il n’y a pas de vision sur le choix d’une carrière de beach alors on devient volleyeur. On devrait pouvoir avoir le choix vers l’âge de 15/16 ans, de faire soit de la salle soit du beach, les 2 disciplines doivent être en collaboration car les 2 sont indispensables.

Edouard Rowland pose avec sa tenue où figure "Score n'co" partenaire de la team Rowlansonkrou - @Instagram

Edouard Rowland pose avec sa tenue où figure « Score n’co » partenaire de la team Rowlansonkrou – @Instagram

« Youssef était prêt à se lancer à 1 000 % dans l’aventure avec moi »

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Youssef ?

E.R. : Pendant 2 ans j’ai pu découvrir le beach avec 2 partenaires: Yannick Salvetti (qui joue aujourd’hui avec JB Daguerre) et Andy Ces avec qui nous avons joué une saison entière, ce qui m’a énormément apporté en terme d’expérience. Malheureusement Andy Ces avait déjà décidé d’arrêter sa carrière il fallait donc que me mette à faire le tour de tous les joueurs de salle susceptibles d’être intéressés par le projet. Un joueur connaissant Youssef m’a parlé de lui en bien et je n’ai donc pas hésiter à le contacter. Youssef était encore sous contrat avec Cannes à ce moment là. Je devais me préparer seul tout l’hiver 2013/2014, à ce moment-là je ne l’avais toujours pas vu jouer sur le sable ! Bien sûr, je connaissais ses qualités de joueur indoor, mais cela reste bien différent ! Je sentais que Youssef était prêt à se lancer à 1 000 %, ça me suffisait.

Quelles sont les principales différences que vous pouvez noter entre le beach-volley et le volley en salle ?

E.R. : Déjà, le beach-volley se joue à 2 alors que la salle se joue à 6. Le beach se joue sur le sable et sur un terrain de 8m sur 8m contre 9m sur 9m en salle. Au beach, les joueurs participent à toutes les actions du jeu, en salle il y a des postes précis. Les qualités physiques sont aussi différentes, le volley en salle demande de l’explosivité et beaucoup de vitesse, le beach va demander plus de puissance et d’endurance musculaire. Il y a ensuite l’aspect mental qui ressemble au tennis, au beach c’est un aspect déterminant que l’on ne voit pas forcément.

Quels seraient vos points forts ? Et vos points faibles ?

E.R. : Nos points faibles : je dirai que nous sommes trop perfectionnistes et la perfection n’existe pas… Cela peut donc parfois amener du negatif. Mais par contre c’est aussi un point fort ! Certaines personnes diront que notre point faible est le manque d’impact physique et de taille : Youssef mesure 1m92 et moi 1m90. Mais encore une fois nous allons compenser avec un jeu rapide et en mouvement !  Nous avons encore une marge de progression énorme, on dit qu’il faut 2 à 3 ans avant qu’une équipe arrive à maturité, cela fait 1 an que nous jouons ensemble. 

« L’ambiance de cette discipline est loin des clichés de vacances »

Quelles sont vos ambitions pour ce Championnat du Monde de Beach-Volley ? 

E.R. : Quand on aborde une compétition c’est pour aller au bout. Sinon à quoi bon faire de la compétition ? Maintenant il y a tout un chemin à parcourir avant d’en arriver là, ce qui est important c’est de le connaître en avançant étape par etape. La première étape étant de sortir des poules et de développer notre jeu de façon la plus libre et agressive possible !

Quel résultat devez-vous faire pour vous rapprocher d’une qualification aux JO de Rio 2016 ?

E.R. : Pour aller aux Jeux de Rio, il faudra terminer dans les 15 mondiaux en juin 2016. La paire championne du monde aura son billet pour les Jeux également. Ensuite il y aura la Continental Cup, une phase qui attribue une place par continent.

Quelle est l’ambiance générale entre les sportifs et sportives de cette discipline ?

E.R. : L’ambiance de cette discipline est loin des clichés que l’on a en France. Ce ne sont pas les vacances comme souvent j’entends. Certes, nous voyageons beaucoup et jouons dans les plus beaux coins du monde, mais nous sommes en compétition et c’est un monde de professionnels. Évidemment nous croisons toujours les mêmes visages alors du respect s’installe et des liens amicaux vont se créer. 

[youtube id= »xWV0IUW3Dgs »]

« Nous sommes à la recherche de partenaires ! »

Quels sont les meilleurs dans ce sport ? Les Brésiliens, comme on le pense ?

E.R. : Le Brésil et les USA sont 2 fortes nations car ils ont de nombreuses équipes et un championnat national de très haut niveau. Maintenant le continent européen est devenu aujourd’hui très dense en équipes et il y a des nations comme l’Allemagne (Champion Olympique Londres 2012), la Lettonie (bronze Londres 2012) les Pays-Bas (Champion du monde en titre) qui sont très fortes. 

Pour en revenir sur l’existence de votre duo, pourquoi avez-vous pris la décision de chercher des financements particuliers ?

E.R. : Le but du financement particulier, c’est tout simplement parce que nous n’avons pas assez de budget pour nous permettre d’avoir un staff sur les tournois ou encore de réaliser des stages pour se préparer. Nous avons du mal à faire venir notre coach avec nous alors qu’à ce niveau là le suivi des équipes est de plus en plus poussé. Nous sommes toujours à la recherche de partenaires qui nous permettraient tout cela alors nous nous sommes lancés dans cette démarche ! Nous tenons d’ailleurs à remercier toutes les personnes qui nous soutiennent, vous êtes de plus en plus nombreux et cela nous fait chaud au cœur. 

Dites moi un seul et dernier mot pour parler de votre état d’esprit avant ce premier match du Mondial. 

E.R. : Agressif !!!