Athlétisme : Pourquoi les règles du faux-départ en sprint ont-elles changé au cours des années ?

La règle du faux-départ est une des plus terribles dans le monde du sport. En une dizaine d’années, celle-ci a bien évolué devenant de plus en plus radicale dans son fonctionnement. Avant 2003, un faux-départ était autorisé pour chaque athlète. Mais la complexité de cette loi, c’était qu’elle donnait une image ennuyeuse du sprint.

En raison d’un trop grand nombre de faux-départs, les courses pouvaient s’éterniser et ainsi bouleverser les plannings très stricts des organisateurs de meetings, qui tenaient à respecter les horaires des diverses compétitions.

De 2003 à 2009, la règle passa à une autre formule. Celle d’un seul faux-départ autorisé dans une course disputée. Cela signifiait que le premier athlète qui bougeait des startings-blocks lors du premier dixième de seconde qui suit le signal, n’était pas forcément éliminé. Le coureur qui rééditait un faux-départ passait lui à la trappe, même si ce n’était pas lui qui l’avait provoqué avant. Jugée très injuste, cette loi était loin de faire l’unanimité au sein des sprinters.

Le premier athlète qui fut contraint de subir ce changement de règle, c’est John Drummond. Le souvenir de cet athlète américain, ne voulant pas quitter la piste du Stade de France lors des Championnats du Monde 2003, a obligé la Fédération Internationale d’athlétisme de retravailler son dossier. Drummond avait été éliminé, au même titre qu’Asafa Powell dans cette série.

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Il faudra attendre le 1er janvier 2010 pour que l’IAAF mette en vigueur la loi actuelle. Au premier faux-départ d’une série, l’athlète sera automatiquement disqualifié de l’épreuve. Obligés de s’habituer à cette nouvelle norme, les meilleurs sprinters mondiaux ne sont pas à l’abri d’y passer.

En 2011, lors de la finale du 100 m des Mondiaux de Daegu (Corée du Sud), c’est le champion olympique Usain Bolt qui sera victime de cette loi à la surprise de tous.

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A l’heure actuelle, ce système de faux-départ n’est pas encore apprécié de tous, jugé extrêmement sévère. Un cas à la « Drummond » s’est déroulé ce mercredi aux Championnats du Monde de Pékin. Cette-fois, c’est l’Américain Ronnie Ash (110 m haies) qui a refusé pendant un moment de quitter la piste avant de s’y résoudre.

Toujours est-il que les lois concernant un faux-départ font débat dans le milieu de l’athlétisme. Peut-être qu’un nouveau système verra le jour dans les prochains mois.